Le projet de loi de finances 2026 prévoit une baisse globale des aides à la presse de près de 11 millions d’euros, soit un recul de 5,8 % par rapport à 2025.
Cette contraction budgétaire inquiète les acteurs du secteur, déjà fragilisés par la baisse des ventes et le recul du réseau de diffusion.
Les crédits du programme 180 “Presse et Médias” reculent de 22,4 millions d’euros, soit – 6,1 % en crédits de paiement. Au total, 346,7 millions d’euros sont alloués à la presse en 2026 contre 369,2 millions en 2025.
Cette baisse résulte principalement du retrait de 44,5 % du Fonds de soutien à l’expression radiophonique locale (FSER), dont les crédits passent de 35,3 millions à 19,6 millions d’euros. Ce recul pèse sur les 750 radios associatives qui dépendent de ce fonds pour environ 40 % de leurs ressources.
Les aides directes à la presse, qui représentent plus de la moitié du programme, chutent à 176,45 millions d’euros, contre 187,35 millions l’an dernier.
Les principales lignes concernées sont :
- Aides à la diffusion : 106,4 M€ (en légère baisse)
- Aides au pluralisme : 23,2 M€ (stables)
- Aides à la modernisation : 23,5 M€ (inchangées)
- Exonérations sociales pour les vendeurs-colporteurs : 11,6 M€ (maintenues)
En revanche, la dotation de l’Agence France-Presse reste solide, à 147,9 millions d’euros, confirmant la trajectoire financière prévue jusqu’en 2028.
Le budget 2026 inclut également :
- 7 millions d’euros pour la future Maison du dessin de presse, dont l’ouverture est prévue en 2027
- 1,7 million d’euros pour la Compagnie internationale de radio et de télévision (CIRT), en soutien à la radio franco-marocaine Médi 1
- Une revalorisation de la dotation de la Bibliothèque publique d’information (Bpi) à 4,3 millions d’euros, afin de couvrir ses frais de relocalisation au Centre Pompidou.
Côté musique, le Centre national de la musique (CNM) voit son budget diminuer de 7 millions d’euros, tandis que de nouveaux soutiens sont prévus pour accompagner la transition numérique du secteur.
Cette baisse budgétaire s’ajoute à un contexte difficile pour la presse écrite : recul du lectorat, inflation des coûts de production et contraction du réseau de distribution.
Les professionnels alertent sur le risque d’un affaiblissement structurel du pluralisme médiatique, alors même que la transition numérique nécessite des investissements accrus.
Source : Correspondance de la Presse
