Selon Marc LEMIUS, président de la CRDP, la France compte désormais moins de 19 000 points de vente standards, dont seulement 16 500 réellement actifs.
Chaque année, 600 à 700 points ferment, soit une perte annuelle de 3 à 4 % du réseau.
Ce recul fragilise la visibilité de la presse et accentue la désertification commerciale dans certaines zones.
« Ce sont des territoires qui s’éteignent, des commerçants qui renoncent », alerte M. LEMIUS.
La réforme de 2019 devait replacer le marchand au cœur du choix des titres grâce à un système d’assortiment adapté à chaque point de vente.
Mais le bilan reste mitigé : seuls 2 500 diffuseurs ont pu mettre en place ce dispositif. Beaucoup dénoncent un manque de coordination entre éditeurs, dépositaires et distributeurs, ainsi qu’une offre figée et mal ajustée aux ventes réelles.
L’Arcep pilote une révision du modèle de rémunération pour garantir un revenu plus juste aux diffuseurs.
Parmi les pistes envisagées :
- une majoration pour les zones rurales ou isolées,
- un label “quotidien” élargi,
- et un taux plancher de 27 % pour la presse quotidienne.
« Ça va coûter de l’argent, mais c’est essentiel pour préserver la capillarité du réseau », reconnaît M. LEMIUS.
Malgré les difficultés, les acteurs de la filière restent mobilisés.
L’Arcep prépare une nouvelle feuille de route, issue de la consultation publique de 2025, pour consolider le réseau et redonner un souffle à la distribution de la presse.
Objectif : maintenir une presse accessible partout, dans un réseau économiquement viable.
Source : Correspondance de la Presse
