Interview Paul PICCARRETA – Directeur de publication Le Cri

Le Cri vient tout juste de paraître : pouvez-vous nous raconter comment est née cette aventure éditoriale et ce qui vous a donné envie de créer ce magazine aujourd’hui ?

Après plusieurs expériences dans la presse, à La Croix où Théo Moy a dirigé le service débats, et à la revue Limite (2015-2022) que Paul avait créé, nous avons fait le constat qu’il manquait dans l’offre de presse chrétienne un magazine aux codes renouvelés, avec une ligne clairement engagée à gauche. Car en parallèle, depuis plusieurs années, nous voyons naître une génération de chrétiennes et de chrétiens qui cherchent à vivre d’une même intensité leur foi et leur engagement dans la société. Nous voulons mettre en lumière ce renouvellement d’un christianisme d’action sociale et d’émancipation, et faire entendre une voix dissonante au christianisme d’extrême-droite.

Vous parlez d’un journal « chrétien, joyeux et radical ». Comment résumeriez-vous la philosophie du Cri à quelqu’un qui le découvre pour la première fois ?

Le Cri est un média qui prend au sérieux la profondeur des crises que l’humanité traverse. Comme le pape François, nous croyons que « le cri de la terre et le cri des pauvres » sont liés. Nous observons aussi que la question spirituelle est une puissante lame de fond dans notre société.

Souvent méprisée par la presse, nous voulons la prendre au sérieux et répondre aux interrogations de la jeunesse. Ainsi, dans nos pages, nous voulons montrer le monde tel qu’il est, avec ses drames, ses rapports de pouvoir, ses lâchetés. Mais nous n’abandonnons jamais l’espérance. Elle nous pousse à fureter partout où germe un autre monde. La joie et l’espérance, c’est ce qui différencie, dans le fond et dans le ton, Le Cri d’autres publications à gauche.

Tout cela donne un magazine de société au ton inspiré de la presse indé et engagée, quelque part entre SoFoot et Socialter.

À qui s’adresse Le Cri ? Qui sont ces lectrices et lecteurs que vous espérez toucher et qu’est-ce qui, selon vous, les relie ?

Notre première cible sont les chrétiens de gauche. Autant la jeune génération, des trentenaires et quarantenaires dont nous partageons les questions et les engagements, que les plus âgés, qui ont connu les grandes heures du catholicisme social et sont heureux de trouver une forme de relève chez nous. Ces derniers sont de grands consommateurs de presse. Mais Le Cri s’adresse aussi à tous les chercheurs de sens, bien au-delà des milieux croyants. Nous voulons répondre à cette soif profonde de sens qui émerge dans la société.

Vous proposez un regard à la fois spirituel et politique sur les grands enjeux de notre époque. Comment votre parcours et celui de votre équipe nourrit-il cette approche ?

En parallèle de son travail à La Croix, Théo a animé un tiers-lieu chrétien dans le quartier de Ménilmontant à Paris, Le Dorothy, et cofondé le festival des Poussières, qui réunit des centaines de jeunes chrétiens chaque année en été. Le Cri est une manière pour lui d’unifier son amour de la presse et ces engagements. Quant à moi, j’ai créé et animé pendant sept ans la revue Limite, une revue chrétienne écologique qui s’est arrêtée il y a 3 ans. Une expérience associative décisive à l’heure de lancer un magazine plus ambitieux.

Le magazine papier est au cœur de votre dispositif, aux côtés du site et des réseaux sociaux. Pourquoi ce choix du papier et que souhaitez-vous que les marchands de journaux retiennent du Cri ?
Nous n’imaginions pas sortir autre chose qu’un produit papier. Nous sommes des amoureux de la presse et de fidèles clients des kiosques et maisons de la presse ! Nous croyons en une presse magazine qui offre un moment d’information, de découverte et d’exploration de qualité aux lectrices et lecteurs, qui en ont vraiment besoin. N’hésitez pas à leur faire découvrir notre magazine, qui sort sûrement des sentiers battus et suscite déjà une grande curiosité.
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