Après plus de dix ans sans évolution majeure, les conditions de rémunération des marchands de presse viennent d’être redéfinies par l’Arcep.
Cette décision, adoptée fin 2025 et applicable depuis le 1er janvier 2026, marque une étape importante pour l’équilibre économique du réseau. Elle intervient dans un contexte de transformation profonde du marché et vise à adapter la rémunération aux réalités actuelles de la distribution de la presse.
Un contexte de baisse du réseau et des ventes
La réforme s’inscrit dans un environnement fragilisé. Selon les données de la filière, le nombre de points de vente a diminué de 26 % entre 2013 et 2023. Parallèlement, les ventes en montant fort (VMF), sur lesquelles repose la rémunération des marchands, ont reculé d’environ 15 % entre 2017 et 2022.
La longueur cumulée des linéaires consacrés à la presse a elle aussi diminué, ce qui peut peser sur la diversité de l’offre proposée aux lecteurs.
Dans ce contexte, la question de la rémunération devient centrale pour maintenir un maillage territorial équilibré, conformément aux objectifs fixés par la loi Bichet.
Un taux de base maintenu, des majorations repensées
Le taux de rémunération de base des marchands spécialistes reste fixé à 15 %.
En revanche, les majorations évoluent afin de mieux prendre en compte les caractéristiques des points de vente et leur environnement.
La décision renforce notamment la prise en compte des territoires ruraux et des petites unités urbaines. Environ 35 % des marchands spécialistes exercent dans ces zones. L’objectif affiché est de soutenir les points de vente dont l’équilibre économique est plus fragile. La taille du linéaire presse est également davantage valorisée. Le maintien d’une surface d’exposition significative est encouragé, afin de préserver la diversité éditoriale.
Formation professionnelle : un nouveau levier de rémunération
Autre évolution notable : la formation professionnelle devient un critère intégré à la rémunération.
Les marchands spécialistes ayant suivi une formation récente peuvent bénéficier d’une majoration supplémentaire. Cette disposition traduit une volonté de valoriser la compétence et la montée en expertise du réseau.
Label quotidien et performance commerciale
Le dispositif du « label quotidien » évolue également. Le seuil de chiffre d’affaires requis est abaissé, élargissant l’accès au mécanisme et augmentant la majoration associée. Près d’un tiers des spécialistes pourraient être concernés.
Les majorations liées à la performance commerciale, calculées sur les VMF, sont maintenues. Elles continueront d’être versées de manière semestrielle. Les seuils feront désormais l’objet d’une indexation automatique, introduisant un mécanisme d’adaptation aux évolutions du marché.
Une simplification du cadre réglementaire
Au-delà des aspects financiers, la décision s’accompagne d’un effort de clarification des textes.
Plusieurs critères ont été supprimés ou harmonisés, certaines terminologies ont été uniformisées, et les modalités d’application ont été précisées. Cette simplification vise à rendre le dispositif plus lisible et plus opérationnel pour les professionnels.
Rémunération des marchands de presse : une réforme structurante pour l’avenir
Cette évolution ne se limite pas à une revalorisation ponctuelle. Elle introduit une logique plus territoriale, valorise la formation, soutient le maintien du linéaire et modernise le mécanisme d’indexation.
Dans un contexte de mutation du secteur, la décision de l’Arcep constitue un signal fort en faveur du maintien et de la modernisation du réseau des marchands de presse.
SOURCE : Culture Presse & Union-Presse
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