Tabac : les buralistes réclament un moratoire sur les prix pour contrer la contrebande

Alors que le marché officiel du tabac subit de plein fouet la concurrence du marché parallèle, la Confédération nationale des buralistes tire la sonnette d’alarme. Selon une récente étude des Douanes françaises, un paquet sur cinq échappe aujourd’hui au circuit légal, provoquant un manque à gagner estimé à 4,3 milliards d’euros pour l’État.

Face à cette hémorragie, Serdar Kaya, président de la Confédération, plaide pour une mesure d’urgence : un moratoire sur le prix du tabac.

💬 Un appel à « plus d’égalité » pour les consommateurs français

Invité de l’émission ICI Picardie, Serdar Kaya a défendu une position qu’il qualifie de « pragmatique » : « Nous ne demandons pas un prix spécifique, mais simplement un moratoire », a-t-il expliqué.

Selon lui, la flambée continue des prix du tabac en France encourage les achats à l’étranger et nourrit le commerce illicite. Cette situation crée une distorsion de concurrence entre les territoires frontaliers et le reste du pays.

🇧🇪 Le cas belge : un tournant dans la dynamique du marché

Fait marquant : les buralistes du Nord et du Pas-de-Calais constatent le retour d’anciens clients qui, autrefois, s’approvisionnaient en Belgique. La raison ? Les prix belges atteignent désormais près de 11,50 € le paquet, un niveau proche des tarifs français.

Cette réduction de l’écart, souligne Serdar Kaya, favorise un rééquilibrage naturel : « Dès que les différences de prix deviennent moins marquées, certains consommateurs reviennent acheter en France. »

Une preuve, selon lui, qu’un ajustement maîtrisé de la politique tarifaire pourrait endiguer une partie du marché parallèle, sans pour autant relancer la consommation.

⚖️ Un enjeu fiscal, social et territorial

Le moratoire sur les prix réclamé par la profession ne vise pas à geler toute évolution à long terme, mais à stabiliser temporairement la fiscalité pour permettre une réévaluation du système. L’objectif : protéger le réseau des 23 500 buralistes français, piliers du commerce de proximité, mais aussi freiner l’essor du tabac de contrebande.

Pour l’État, l’enjeu dépasse le simple manque à gagner fiscal : il s’agit également de préserver un maillage territorial essentiel et de garantir une équité entre les consommateurs.

🔍 Une demande qui relance le débat

Le plaidoyer de Serdar Kaya relance un débat récurrent : faut-il poursuivre la hausse des prix du tabac, au risque d’alimenter la contrebande, ou marquer une pause pour consolider le réseau légal ?

Le gouvernement n’a, pour l’heure, pas réagi officiellement à cette proposition. Mais le signal envoyé par les buralistes est clair : sans rééquilibrage, la lutte contre le tabac illégal restera un combat perdu d’avance.

Source : Culture Presse

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