Buralistes : une rentrée sous tension autour de la fiscalité, des trafics et de la vape

Du 7 au 11 septembre, les buralistes sont appelés à se mobiliser dans plusieurs villes de France. Derrière ce mouvement, la profession veut attirer l’attention des pouvoirs publics sur trois sujets devenus prioritaires à ses yeux : l’évolution du prix du tabac, le développement des circuits d’approvisionnement hors réseau et l’avenir de la vape. Une actualité qui intéresse aussi le secteur de la presse, de nombreux points de vente exerçant les deux activités.

La rentrée s’annonce agitée pour les buralistes. Plusieurs rassemblements sont programmés entre le 7 et le 9 septembre à Muret, Redon, Givors, Saverne et Salon-de-Provence, avant un rendez-vous national organisé le 11 septembre à Vernon, dans l’Eure. La Confédération des buralistes entend ainsi donner davantage de visibilité aux inquiétudes qui remontent de son réseau.

Au-delà de la mobilisation elle-même, trois demandes principales se dégagent.

Le prix du tabac au cœur des préoccupations

Premier sujet : la fiscalité. Les représentants des buralistes réclament une pause dans la progression du prix du tabac et souhaitent notamment mettre fin au mécanisme d’indexation de certains paramètres de l’accise sur l’inflation.

Ce mécanisme participe aux hausses régulières des prix. Il s’inscrit dans la politique de santé publique menée depuis plusieurs années par l’État, qui utilise notamment le prix comme levier pour réduire la consommation de tabac.

Du côté des buralistes, le raisonnement est différent. La profession estime que la succession des augmentations fragilise progressivement les ventes réalisées dans le réseau français, en particulier dans les territoires frontaliers. Selon ses représentants, les volumes de tabac écoulés dans les débits ont fortement diminué au cours de la dernière décennie. C’est dans ce contexte qu’ils demandent aujourd’hui davantage de stabilité fiscale.

Des achats hors réseau qui inquiètent la profession

Deuxième sujet majeur : ce que les buralistes regroupent généralement sous le terme de « marchés parallèles ».

La question mérite toutefois une distinction. Tout ce qui est acheté en dehors du réseau français des buralistes ne relève pas nécessairement de la contrebande. Les achats effectués légalement à l’étranger côtoient les ventes illégales, la contrefaçon ou encore certains trafics organisés.

Une étude publiée par la Douane et la MILDECA estime ainsi qu’en 2023, 17,7 % du tabac consommé en France avait échappé à la fiscalité nationale. L’essentiel du volume identifié provenait des achats transfrontaliers, tandis qu’une autre partie relevait notamment des ventes de rue ou d’autres circuits.

Pour les buralistes, quelle que soit l’origine de ces approvisionnements, le résultat économique est similaire : une partie de la consommation ne passe plus par leurs commerces. Ils souhaitent donc voir les pouvoirs publics renforcer les actions contre les trafics, notamment sur Internet et les réseaux sociaux, tout en traitant la question des écarts de prix avec les pays voisins.

La vape, troisième dossier sensible

La troisième revendication concerne un marché devenu important dans la diversification de nombreux points de vente : celui de la cigarette électronique.

Ces dernières années, le cadre applicable aux produits du vapotage a régulièrement évolué. L’interdiction des cigarettes électroniques jetables préremplies en 2025 ou encore de nouvelles règles entrées en vigueur en juillet 2026 en sont des exemples.

Face à ces évolutions, les représentants des buralistes réclament surtout de la visibilité. Leur souhait est de disposer de règles durables et compréhensibles, mais également d’être davantage associés aux discussions lorsque de nouvelles mesures touchant la distribution de ces produits sont envisagées.

L’enjeu est aussi économique : alors que les ventes traditionnelles de tabac reculent, la diversification occupe une place croissante dans le modèle des bureaux de tabac. La vape, comme d’autres produits et services, fait désormais partie de cette réflexion sur l’avenir du métier.

Pourquoi cette mobilisation concerne aussi les marchands de presse

À première vue, ces revendications restent propres au réseau des buralistes. Elles ne modifient pas directement les conditions d’exercice des marchands de presse.

La frontière entre les deux professions est pourtant loin d’être étanche. De nombreux commerces associent tabac, presse, jeux et différents services de proximité. Les difficultés rencontrées sur une activité peuvent donc avoir des répercussions sur l’équilibre économique général du point de vente.

Plus largement, cette mobilisation illustre une problématique commune à de nombreux commerces de proximité : celle de la transformation de leur modèle. Face à l’évolution des habitudes de consommation et à la diminution de certaines activités historiques, la diversification devient progressivement un élément central de leur fonctionnement.

Les rassemblements prévus du 7 au 11 septembre devraient maintenant permettre aux buralistes de porter ces demandes auprès des pouvoirs publics. Reste à savoir si cette mobilisation débouchera sur de nouvelles discussions et, surtout, sur des mesures concrètes.

Sources : Le Monde du TabacLe Monde du Tabac 2 Le Dauphiné libéré

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